Pray for Paris



Bonjour,
Comme beaucoup d’entre vous, j’ai allumé une bougie hier en pensant à nos morts, à nos concitoyens blessés dans leur chair et à notre pays blessé dans son âme. Allumer une bougie, afficher un drapeau tricolore, ça ne change rien, ça ne soigne rien et ça ne prévient rien, c’est notre façon de dire qu’on est pas indifférents, qu’on est tout(e)s concerné(e)s, horrifié(e)s et traumatisé(e)s. Je vois les visages des victimes sur les réseaux, je vois les appels déchirants des familles et des amis qui cherchent leurs proches dont ils sont sans nouvelle. Et je suis reconnaissante de savoir que tous mes proches étaient en sécurité, sidéré(e)s comme moi de ce que l’on voyaient et lisaient minute par minute vendredi soir.
Maintenant, je lis des appels aux armes, des appels à « faire quelque chose ». Et ça me fait réfléchir, que faire ?
En tant que citoyenne, je sais que je dois aller donner mon sang et mon plasma parce que notre système médical est dépassé par la demande et qu’il va falloir les aider, aujourd’hui mais aussi tous les jours et semaines à venir.
Je sais aussi que je devrais aller faire une formation aux premiers secours, à la Croix Rouge ou auprès de n’importe quel organisme qui dispense cette formation. Parce que je veux savoir comment faire un massage cardiaque, comment poser un garrot, quoi dire et quoi faire quand l’horreur frappe. Je veux savoir comment évacuer un blessé, comment sauver des vies. C’est tout ce que je peux faire en tant que civile. Je ne prendrai pas les armes, mais je vais me responsabiliser. Se responsabiliser c’est aussi ne pas laisser la terreur prendre racine, être vigilant mais pas accuser à tort et laisser la place aux amalgames. La religion n’est qu’un prétexte, cette guerre, comme toutes les autres, est la guerre du pouvoir. Le Klu Klux Klan ou l’Inquisition n’ont  jamais été représentatifs de la chrétienté, ne croyons pas les djihadistes sont les représentants de l’Islam. La Bible, la Torah, le Coran respectent et sanctifient la vie, il ne faut pas l’oublier, car la religion n’excuse aucun meurtre.
La guerre a changé de visage, et nous sommes en guerre, ils mènent une guerre contre nos valeurs, notre identité, notre mode de vie, nos croyances (que nous en ayons ou pas). Cette guerre n’a pas lieu sur des champs de bataille, elle a lieu dans nos rues, dans nos salles de concert, dans nos stades. A Londres et à Madrid, elle avait eu lieu dans les transports publics. Ce n’est plus qu’une guerre de soldats, mais aussi une guerre de civils. Une guerre de dommages collatéraux et de victimes innocentes.
Ils haïssent et veulent exterminer notre jeunesse, notre mode de vie, nos soirées en terrasses, nos danses dans les concerts, nos olas dans les stades, alors quelle meilleure réponse que de continuer à vivre notre vie et à l’aimer, car c’est pour moi comme cela que nous la défendrons.
Je me rappelle dans un livre d’histoire de Terminale cette image si forte et si inspirante d’un commerce anglais presque rasé par les bombes nazies, et ce petit écriteau, maladroit et faible, qui disait « business as usual » (« ouvert comme d’habitude »). Business as usual sera mon mantra, je ne vais pas arrêter de vivre, pas arrêter de faire la fête, de boire en terrasse, de m’époumoner dans les concerts, parce que pour moi c’est acte de résistance et de résilience.
Business as usual ce n’est pas ignorer ce qui se passe, ce n’est pas nier la peur et la douleur, c’est juste continuer de vivre, pour nous et pour ceux qui n’auront pas cette chance. Business as usual c’est résister et clamer que la peur ne gagne pas.
Mes pensées aux familles, aux amis, aux proches, aux blessés dans la chair et aux blessés dans l’âme.

English version to follow shortly.

Sharing is caring :

Leave a Comment