Le pilates ou comment j’ai trouvé « la zone »…



Il y a peu, l’idée même de faire du sport me donnait des sueurs froides. Au mieux, c’était le mal nécessaire qui m’autorisait à prendre une grande frite avec mon 280… Alors, Marianne grande sportive, c’était pas gagné!

Le sport a toujours été ma bête noire. Ma cryptonite, mon Joker, ma Némésis. La faute aux professeurs peu pédagogues (truc de gue-din, figurez vous que je trouvais ça démotivant de me faire appeler « gros cul » en guise de prénom pendant l’appel. Etonnant, non?), la faute à la croyance simpliste qu’on ne peut pas être à la fois sportif et tête d’ampoule. Bref j’avais choisi mon camp, pour moi ça serait les bouquins et l’embonpoint.
Quelques tentatives malheureuses n’ont pas aidé à me faire changer d’avis, notamment un très humiliant cours de hip-hop (après toutes ces années, je me demande encore, POURQUOI?!)  où j’ai appris que j’avais la souplesse d’une planche doublé un manque flagrant de coordination (je me suis cognée contre moi-même dans un miroir, si, si.), largement aggravé par mon incapacité à distinguer ma gauche de ma droite. Les filles et les garçons ondulaient et moi je faisais la danse du crabe sub-claquant. Enterée ma carrière dans la danse et avec elle toute vélléité sportive.

Puis, passée l’adolescence, trainant toujours mes kilos en trop, j’ai décidé de retenter ma chance. Toutes mes amies faisaient du sport, c’était la fête à la Zumba, à la boxe, au Qi Gong, et j’en passe. J’ai fait ce que toute personne masochiste et profondément radine fait dans ce cas : je me suis inscrite dans une salle de sport hors de prix. Le simple fait de voir ma cotisation partir de mon compte chaque mois me donnait des envies de courir un semi-marathon. J’ai tenu 4 mois, j’y suis allée 3 fois par semaine, je connaissais tous les profs par leurs prénoms. Puis, j’ai fait l’erreur fatale de me rendre au cours « abdos fessiers débutants ». Débutants mon postérieur! Mise en confiance par l’audience (moyenne d’âge 60 ans), j’ai pris mon petit tapis et ma petite bouteille. 10 minutes plus tard, mon fessier était tellement spasmé que j’avais les larmes aux yeux. Mon ventre tremblait comme un plateau de jelly, et toutes les dames aux cheveux argentés enchainaient les sit-ups en papotant. Genre on était chez Ladurée et on prenait toutes le thé. A l’agonie, (ouais je suis une fillette), j’ai remballé mon tapis et ma bouteille au bout de 15 minutes. Le prof s’est exclamé « bah alors, on s’en va déjà? Nous on aime pas les lâcheurs, on dit bouuuuh » et un grand choeur de « bouuuh » rigolards m’a suivi dans l’escalier. Rideau, je n’ai jamais remis les pieds dans cette salle et j’ai fait le deuil de ma cotisation mensuelle.

La 2ème fois, j’ai été plus fineaude, je me suis inscrite avec une très bonne amie, elle aussi peu sportive et on s’est motivées. Comme j’ai un esprit de compétition insensé (disons que je suis une mauvaise non-gagnante..), l’idée de prendre du retard sportif sur mon amie était suffisant pour me faire venir. Débile, mais il faut ce qu’il faut…  1er cours de Body Combat (sorte de air-boxing avec des mouvements de karaté), j’ai tenu 45 minutes puis je suis allé vomir (glamour, toujours!). J’ai cru que j’allais faire un malaise cardiaque (hypocondriaque et fillette), je voyais des paillettes rouges et je n’arrivais plus à marcher. Ma copine quant à elle était comme un poisson dans l’eau. Je me suis accrochée, mais toute cette année, nos séances hebdomadaires sont restées une vraie contrainte. Si ce n’était pas pour sa conversation, j’aurais jeté l’éponge.

La 3ème tentative a été la bonne. Toujours avec mon amie, j’ai changé de salle de gym. Je savais maintenant ce qu’il me fallait : des cours collectifs suffisamment fun et nouveaux pour que j’arrive à faire abstraction du sport. Body combat, body minceur, body pump (je commence à voir un schéma émerger, ca serait pas un peu lié au corps toute cette histoire?), step, cycling et j’en passe. Un comble, avec 3 ans d’abonnements en club je vivais toujours la pratique du sport comme un pensum.

Et puis, un jour, la révélation. Il y a 5 mois, j’ai découvert le cours de pilates. Et pour la 1ère fois de ma vie, j’ai oublié que je faisais un effort, j’ai oublié que j’étais allongée sur un tapis et que tout mon corps tremblait pour maintenir une position. Les 45 minutes sont passées comme un battement de cil. La pelotte de nerfs et de stress qui était rentrée n’est jamais ressortie de la salle. Cette nuit là, j’ai dormi comme une bûche. Le mardi suivant, j’y suis retournée ventre à terre, je voulais ma dose. Adieu Body-bidules, bonjour zenitude.

Après 5 mois de pratique régulière (au moins 2 fois par semaine, seule ou en salle), les changements sont hallucinants. Je peux courir 60 minutes sans le sentir. Je me tiens droite. J’ai des abdominaux (ne révons pas, j’ai pas encore la tablette de chocolat, celle-là je la mange) mais ils sont là, bien au chaud sous leur petit manteau de gras. Je sais respirer (alors oui, normalement ça fait partie du package de départ mais il doit me manquer des boulons parce que chez moi c’est pas naturel, je suis en apnée dès que je suis concentrée et j’oublie de respirer quand je fais un effort physique). Et last but not least, je me suis délestée des plusieurs kilos de graisse que j’essayais de semer depuis des années (ces bâtards, dès que j’arrivais à les perdre, ils venaient me retrouver, ils doivent avoir un GPS).
Bon d’accord c’est bien joli, t’as eu ton épiphanie sportive, tu kiffes ta life sur ton tapis et tu sais respirer. Il est où le big deal?

Le big deal c’est la « zone », ce pallier magique où les endorphines prennent le dessus et tout le corps fonctionne de façon automatique et fluide. C’est ce moment où tes jambes courrent pour toi, où tes bras poussent les poids sans que tu y penses, ce moment où dans ta tête il n’y a plus rien que ta respiration. Cette « zone » dont tous les sportifs me parlaient, celle qui rend accro, celle que je croyais ne jamais connaitre, et que j’ai enfin trouvée. Et ce qui est dingue c’est que quand tu as trouvé la zone, tu la retrouves quel que soit le sport que tu fais. Je la trouve en courant, je la trouve en faisant des abdos, en marchant dans la rue, en faisant un tour de vélo en vacances… Elle est là, elle m’attend et elle m’apprend qu’on peut être une tête d’ampoule et sportive. J’ai trouvé l’harmonie, j’ai reconnecté mon cerveau et mon corps, il était temps !

Et vous, c’était quoi votre révolution sportive ? Et par hasard, aucune petite résolution sportive depuis janvier ? 😉

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5 Comment

  1. C’est chouette par ici dis donc ! Je suis pareille, moi et le sport, ahem…
    Tu en fais où ? Je veux pas tomber sur une espèce de prof tyrannique qui te détruit les mandibules..

    • Merci Maëlle !! J’en fais chez Health City, il y a plusieurs clubs dans Paris et en proche banlieue ouest. La plupart des mairies propose aussi des cours de pilates en plus du yoga maintenant d’après ce que j’entends autour de moi. Et une fois que tu es lancée, le dvd Le Pilates pour les nuls est vraiment bien conçu et permet de faire des séances à la maison!

  2. Hi hi hi je m’y suis mise aussi ! comme toi j’ai testé tous ces cours trop violent body machin, etc etc… Et j’ai découvert le pilates depuis un mois ! J’adore !

    • Et alors au bout d’un mois? Tu as vu la différence ? C’est top hein 😉

  3. Hé ouais, les gens qui font du sport ne sont pas QUE des tarés, il se passe un truc qui fait que c’est cool d’avoir mal ! Sinon, comment aurais-je fait pour avoir un si fabuleux corps d’athlète (orné d’un membre d’airain aux proportions éléphantesques) pour soutenir toute l’intelligence prodigieuse dont je jouis ? Hé bien c’est parce que, en plus de m’astreindre chaque jour à rédiger soixante pas écrites petit de poésie classique en latin, grec ou araméen (c’est selon l’humeur), je suis aussi un grand sportif devant l’éternel, gagnant de nombreuses compétitions multidisciplinaires.

    (Merci de ne pas remettre en doute ces affirmations, c’est pour me motiver à perdre mon gras.]

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