I have decision fatigue, do you?



Hello, hello !

Connaissez vous « l’épuisement décisionnel » ? Non ? Moi non plus, et pourtant je le vis chaque jour.

Laissez moi vous raconter une anecdote et vous me direz si ça vous parle… Il est 20h, vous êtes avec une bande d’amis, vous vous engagez dans une rue très commerçante, avec beaucoup de bars et de restaurants. Il y a celui qui veut boire une bière parce qu’il a super soif, celle qui veut juste s’asseoir parce qu’elle est claquée, celui qui a mal aux pieds et regrette d’avoir mis ses nouvelles baskets qui le serrent beaucoup trop, et celle qui a tellement faim qu’elle prête à manger à peu près n’importe quoi. Et vous, qui avez soif, et faim, et envie de juste poser vos fesses quelque part pour papoter tranquillement avec vos amis. Vous descendez la rue, et vous regardez les terrasses et les cartes. A chaque terrasse, à chaque carte, quelqu’un met un véto « trop cher, nan mais 9€ la pinte ils sont fous?! », « y’a pas de place dehors et c’est super bruyant », « c’est moche on dirait un PMU », « y’a pas de burgers, j’ai envie d’un burger »… Il est 20h35, ça fait 35 minutes que 5 gus arpentent une rue qui déborde de choix et que personne n’arrive à prendre une décision. Pourquoi ? Parce ce qu’il y a trop de choix. Parce que chacun croit qu’un peu plus loin, il y aura une meilleure terrasse, une meilleure carte, une meilleure ambiance, un meilleur tout et qu’il est inadmissible de se contenter de ce que l’on a sous le nez alors que mieux nous attend juste là, à portée de main ! La fin de cette soirée, vous vous en doutez, on s’est installés dans une brasserie qui avait globalement la même tronche et la même carte que les autres, la pinte était super chère et nous avions manqué l’happy hour à force de tergiverser. Finalement, personne n’a choisi, on a fini par abandonner et on s’est installés. L’abondance de choix nous a privé de la possibilité d’en faire un. Si nous avions été dans la rue parallèle, plus résidentielle, nous aurions eu le choix entre une brasserie et un restaurant japonais, nous aurions fait un choix, un vrai et nous aurions été attablés en 5 minutes.
Chaque jour, nous prenons des centaines et des centaines de décisions, la plupart sont futiles, certaines sont importantes. Quelle tenue? quelles chaussures? quels mails traiter en priorité? quel repas préparer? quel film regarder? quel trajet prendre? quel gel douche utiliser? quel album écouter ? quels arguments pour mon augmentation? quels mots pour leur dire ce que je ressens?
A la fin de la journée, j’ai fait ces choix, mais je n’en suis pas débarrassée pour autant, je continue de ressasser chacun des arbitrages que j’ai fait à l’aune du « et si… » en imaginant combien un autre choix aurait été meilleur, plus efficace, plus adapté. Alors, quand j’arrive à la maison, que je retire ma veste et que mon mari me demande « tu as envie de dîner quoi ce soir? » alors que je n’ai même pas encore eu le temps de ranger mes chaussures. Et bien, j’ai  envie de lui répondre que « je m’en fous! tu sais ce que j’aime alors démerde toi ! ». Mais comme je n’ai pas envie de dormir sur le canapé ce soir, je ne réponds pas ça, mais je lui dis ce qui s’en approche le plus « je suis trop fatiguée pour savoir ce que je veux manger, fais moi deux propositions et je te dirai ». Et vous savez quoi ? Ca marche à tous les coups! Plutôt que d’inventorier mes placards et mon frigo et les dizaines de combinatoires qui peuvent devenir mon dîner, mon mari me propose simplement des haricots ou des petits pois. C’est ridicule? C’est insignifiant? Oui. Oui, évidemment, mais c’est la seule solution que j’ai trouvée pour faire des choix quand je suis trop fatiguée pour en faire ne serait-ce qu’un de plus et être satisfaite de la décision que j’ai prise. Et je m’en porte très bien. Je suis heureuse de toujours aller au même restaurant et de toujours prendre le même plat. Je suis heureuse de savoir que tous les jours où il va pleuvoir je vais mettre cette paire de chaussures là. Je suis heureuse de n’avoir qu’une seule tenue de sport que je mets toutes les semaines. Je fais le choix de ne pas choisir, et d’arrêter de penser que j’aurais pu faire un meilleur choix à chaque fois. Au final, il ne s’agit que de petits pois et de haricots, non ?

too-many-choices

Are you familiar with decision fatigue? No? Really? Because I’m willing to bet that you are. Picture yourself and your friends any Saturday night, let’s say you are looking for somewhere to have a grub and a pint, you’re in one of these busy streets where every other door there is a pub/restaurant/café/whathaveyou to spend the evening. You want this place to be nice enough and quiet enough so that you can have a chat without shouting. And you want several pints so you’re looking at the price tag on the menu.
Fast forward 35 minutes later, you and your mates are still perusing the outdoor menus of every location you come across and finding each establishment lacking: “7£ a pint? Do they think I shit gold?”, “nah… too noisy”, “can’t see any burgers on the menu, I want a burger and chips and that’s final”, etc. So there you are, still on the street, still thirsty and hungry and no one has made any decision yet. Each of you is convinced that just around the corner, there’s this perfect place, where the beer is good and cheap, the atmosphere cosy and hip, and the food gorgeous. Guess what? That’s not where you’re going to spend the evening. In the end, you’ll end up in one of the pub that looks quite similar to all the ones you’ve discarded before, just because you feel hangry (angry because of hunger) and frustrated. You’ll still have a lovely evening but you’ll think about how you could have ended up in somewhere nicer.
You know why everyone ended up frustrated and why no one really made a decision? Because there was just too much choice, too much options to weigh in and to compute. Had you been in another street with just a pub and a Japanese restaurant, well you’d have made a choice and been happy with it.
Do you ever feel lame because you’ve got the local curry take-away on speed dial and they know what you are going to have before you even say your name? Do you ever feel boring because you wear the same eyeshadow from your mega-giga-palette every day and now there a little indentation in it whereas the 19 others still look pristine?
Well, don’t. Seriously don’t. Because you already make hundreds if not thousands of decisions everyday: what to wear? what to eat? What to say? Which words to use? Which commute to take? Which way home? Which bread in your sandwich? Which milk in your latte? And you’re tired, you’re exhausted by all these choices that you never really leave behind, because somewhere in your mind you’re still asking yourself if you could have done it differently. More efficiently, more quickly, well, just better in fact. The tedium of all these little choices you do every day, it’s exhausting and it leaves little brain availability for when you need to make a big decision. We’re all spoilt for choices, and, personally, I’d like it better if things were more binary. “Milk or no milk?” that I can answer easily. But “Soy milk? Cow’s milk? 0.2% milk? No fat? Full fat? Heated? Cold?”,  well that sends my mind into a frenzy and  before I know it my palms are all sweaty (ô palm moistness, how glorious a feeling) and I feel like I don’t even want a coffee now. Too many options just spoils my fun and hurt my brain.
So yes, be boring, order the same thing every time, go to the same pub every Saturday, watch the same movie again and again when you’re feeling down, make your life easy. Save decision making for the big choices that need to be done. Because, honestly, most of the time, it’s only about “milk or no milk?” amiright?

 

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