Aimons nos (im)perfections !



Hello dears !

Aujourd’hui je vous fait rentrer dans mon intimité et dans mes questionnements quotidiens, je ne vais pas vous parler de produits ou d’expérience cosméto mais d’une mini-épiphanie que j’ai eu cette semaine.
Commençons par poser la scène d’exposition, acte I, scène I, le prologue. Je suis, comme chaque matin, en train de me dépêcher de finir mon maquillage pour que Monsieur qui sifflote tranquille sous la douche, puisse se raser et finir ses ablutions. Le matin, Monsieur n’est pas loquace, et si moi je babille sans vergogne, il est rare que j’obtienne plus qu’un grognement affectueux en réponse.
La tête bien fermement rangée dans son postérieur, il était pénardo-renardeau en train de se rincer quand j’ai déboulé sur-excitée pour m’exclamer : « non mais t’as vu ? Je suis devenue super douée du correcteur (merci Lisa Eldridge pour le tuto!) et on ne voit plus du tout mes imperfections ».
Je ne m’attendais pas à ce qu’il me réponde vraiment, mais après avoir mouliné quelques secondes, il m’a sorti une phrase aussi adorable que profonde : « tu as raison, on ne voit que tes perfections ».

Oui, bon OK, il est gentil Monsieur, mais et alors ?
Et bien alors, que j’y ai beaucoup réfléchi à cette petite phrase. Pour la première fois, j’ai pris conscience que dans imperfections, il y a avait surtout perfections.
Et que par delà mes cicatrices, mes boutons, mes rougeurs, j’avais aussi de jolis yeux, des cheveux brillants, le sourire facile. Bref, plein de petites perfections que je ne prends jamais le temps d’apprécier, toute occupée que je suis à essayer de masquer les imperfections.
Alors oui, bien sûr, comme tous et toutes, je suis rongée par des complexes autant physiques qu’intellectuels. Je ne serai jamais mince, jamais assez grande, jamais assez brillante, jamais assez ceci et toujours trop cela. Et pendant longtemps, j’ai jaugé mon intellect et mon corps dans la comparaison plutôt qu’en tant que tel et de façon objective. Cette nana n’a pas de double menton, elle. Ce type a beaucoup plus de répartie, lui. Et puis celle-là, elle a des plus jolis seins. Etc, etc.
Depuis quelques années, je suis devenue plus à l’aise avec la personne que je suis. J’ai appris que pour avancer, il faut se remettre en cause, regarder bien droit dans les yeux ses défauts et se bouger pour changer en mieux. J’ai les cuisses molles ? Et bien je fais du sport au lieu de chouiner. J’ai la conversation qui vole pas haut ? Et bien, je passe plus de temps avec des gens que j’admire et je fais ce qu’il faut pour enrichir ma culture, je fais des expos, je lis, je vais au ciné. Bref, je me bouge pour moi et pas pour les autres.

Cela a eu le bénéfice de me donner beaucoup plus confiance en moi, et brutalement, j’ai pris conscience que je ne me comparais plus. Du tout.
Tous les jours, je vois de belles personnes, je me dis « cette femme a des jambes magnifiques », « cet homme a de très belles mains » ou encore « cette femme a un rire très joyeux ». Et ma pensée s’arrête là. Je n’y ajoute pas les suffixes que j’y accolais toujours dans le passé : « mais moi mes jambes elles sont molles », « mais moi, mes mains elles sont toutes carrées comme des pelles », « mais moi, quand je ris je fais un bruit de cochon ». J’apprécie les perfections des autres, sans une pensée pour mes imperfections à moi. Et à force d’apprécier toutes ces détails jolis, attendrissants, parfaits chez les autres, j’ai commencé à prendre conscience que moi aussi j’en avais.

Je me dis et je crois que pour chacune de mes imperfections, j’ai une autre perfection qui n’attend que d’être appréciée.
J’ai appris l’indulgence et la bienveillance envers moi-même, et quand je repense à tous ces messages négatifs qui tournaient en permanence dans ma tête, je me dis que si quelqu’un avait osé dire de pareilles horreurs devant moi, je l’aurais mal vécu et sans doute eu envie de lui agrafer un truc sur la tronche.
Mais voilà, autant ça ne me viendrait pas à l’esprit de dire à quelqu’un que franchement, il a un cuissot de goret et que ses boutons/cicatrices ils sont quand même bien moches; autant ça ne me gênait pas de le penser de moi.
Attention, être indulgent et bienveillant avec soi ne veut pas dire qu’on a rien à changer, qu’on est les reines du pétrole et que celui qui trouve à y redire, il peut aller se faire cuire un steak. Bien au contraire, cela veut dire qu’on ne se morfond pas sur le moindre défaut, la moindre imperfection et qu’on fait le nécessaire pour changer parce que justement, notre bienveillance nous donne la confiance nécessaire pour y arriver.

Ce type de pensée m’a amenée à être meilleure vis-à-vis de moi-même, mais aussi des autres. Parce que je peux leur dire ce que je ressens avec bienveillance, pas pour les enfoncer mais pour leur montrer que j’ai toute confiance en eux pour changer ces petits défauts qui rendent la vie dure. Cela implique de présenter son ressenti comme un ressenti et pas une vérité universelle, et d’adopter un ton sans jugement. Au collègue qui communique son stress et rend l’environnement de travail tendu, il ne s’agit pas de dire « tu es trop stressé, tu fais régner une ambiance de merde » mais de dire « je ressens beaucoup de stress et d’anxiété venant de toi et ça me contrarie/préoccupe, est-ce qu’on peut parler / est-ce que je peux t’aider / est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ? ». A la copine qui n’appelle jamais et qui donne comme une impression d’être en bas de sa liste de priorités, il ne s’agit pas de dire « tu n’en à rien à foutre de moi, tu ne m’appelles jamais » mais « je suis triste que tu ne me donnes pas souvent des nouvelles, est-ce que tu es très prise / quand est-ce qu’on peut se parler ? ».
Monsieur m’a souvent reprise sur le fait que j’ai tendance à être extrêmement péremptoire et définitive, il ne fait JAMAIS cela ou TOUJOURS ceci. J’en ai pris conscience et je travaille à me modérer dans mes propos et à ne pas lâcher un torrent de ressentiment et de frustration pour une peccadille. OK, Monsieur n’a pas étendu le linge CETTE FOIS LA, mais il va le faire, pas besoin de faire voler la vaisselle. C’est dur, mais ça marche.

Le changement est très progressif, difficile mais parfois on rencontre une personne qui fait tout avancer. Personnellement, j’ai surtout été aidé par une séance d’hypnothérapie (pour gérer mon anxiété et mon sentiment de culpabilité/nullité permanente). La thérapeute m’a expliqué que j’étais en train d’éteindre tout ce qu’il y avait de bon et de généreux en moi à force de ressasser des jugements négatifs sur moi-même et qu’à terme, je serai tout simplement incapable d’apprécier quoi que ce soit, incapable de fêter un accomplissement, bref incapable d’être heureuse. Une phrase m’est restée à l’esprit en particulier : « Un jour, vous allez mourir. Et vous serez absolument et complètement seule pour l’affronter, ce jour là vous aurez besoin d’une présence bienveillante, comme une amie pour vous soutenir. Mais cette personne ce ne pourra être que vous, qu’importe les amis, les parents, les amoureux, vous n’aurez que vous-même et à ce moment-là vous aurez besoin d’être votre propre meilleure amie ».

Devenir ma propre meilleure amie est devenu mon objectif de vie. Pour tous ces moments où je suis seule face à un obstacle intérieur ou extérieur et que je dois puiser en moi-même le courage, l’encouragement et la confiance que, oui, je vais y arriver.

  • Devenir ma propre meilleure amie c’est apprécier mes perfections et vivre avec mes imperfections. C’est les regarder en face et me poser toujours cette question : « tu ne veux pas vivre avec ? Tu peux le changer ? Alors change-le. Sinon, apprends à vivre avec ». Je n’aurais jamais de tâches de rousseur, tant pis, je les apprécie sur les visages des autres. Je n’aurais jamais des mains délicates, tant pis, j’ai des mains puissantes et capables, et ça me suffit.
  • Devenir ma meilleure amie c’est aussi arrêter de faire peser un fardeau énorme sur mes proches, arrêter d’être dans l’attente de leurs compliments, de leurs félicitations pour pouvoir être fière de quelque chose ou heureuse d’avoir mené un projet à terme. Sans tambour ni trompette, juste un sourire de joie intérieure. Car, c’est absolument épuisant moralement de partager le quotidien de quelqu’un qui n’est jamais content de lui (et jamais content tout court).
  • Et enfin, devenir ma meilleure amie c’est avoir une voix dans ma tête qui me secoue, qui me motive tous les jours. Quand mes proches me critiquent, au lieu de geindre et de me complaire dans l’idée que oui je suis une personne merdique, j’accepte. OK, j’ai mal agi, OK, j’ai envoyé les mauvais messages; mais je veux et je peux changer.

Quand je suis exaspérée par le fait de ne pas comprendre quelque chose au travail, j’essaye de ne pas tout envoyer balader en me disant que voilà, c’est le constat d’échec et que je suis nulle. Je vais voir les gens et je leur dis que je suis perdue, stressée, dépassée et j’écoute ce qu’ils me disent. Et la plupart du temps, ils m’aident, ils me font relativiser. Et puis parfois, ça fait du bien à tout le monde de baisser la garde, de dire qu’on est perdu, qu’on a peur, qu’on est…humain.

Tous les jours, je fais des constats d’échec, mais j’essaye aussi de faire des constats de réussite et surtout, d’y puiser les ressources pour ne jamais en rester sur un échec.
Sachez aussi que je n’écris absolument pas cet article pour me poser en moralisatrice ou détentrice d’une sagesse, loin de là. Je suis très jeune, j’ai beaucoup à vivre, à apprendre, beaucoup de claques à prendre…
Mais si cela vous a intéressé, je serai heureuse d’ouvrir une nouveau chapitre avec vous et de vous partager mes pensées légères et graves.
Qu’en dites-vous ?

 

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2 Comment

  1. Très beau, Marianne ! Trop longtemps que je n’avais pas pris le temps de te lire et je suis contente d’avoir pris le temps cette fois-ci. Keep writing 🙂

  2. tu es un rayon de soleil, chica. Je me le dis à chaque fois qu’on se voit. Nunca lo olvides. Besos

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